Frank Gehry 1929 – 2025 est né Ephraïm Owen Goldberg, d’une famille juive polonaise émigrée au Canada. Il a fait ses études à Los Angeles. Il a changé son patronyme en Frank O. Gehry, qui a un petit air écossais (bien que le « O » soit l’initiale d’Owen). Puis l’usage a laissé tomber le O.
Le documentaire Esquisses de Frank Gehry réalisé par son ami Sydney Pollack en 2005 permet de comprendre comment cet homme est devenu architecte, et pourquoi il marquera de façon durable l’art de construire.
La maison des Gehry

La maison des Gehry fait date dans sa carrière. En 1977 le couple achète un petit bungalow. L’architecte ne veut pas le dénaturer. Aussi, il l’enveloppe, l’agrandit par l’extérieur, en utilisant toutes sortes de matériaux, notamment le verre et l’acier.
Comment travaille Frank Gehry ?
Frank Gehry travaille en trois étapes : d’abord, il dessine des plans. Puis Il utilise du carton, du bois, du plastique. Il froisse, découpe, et positionne les formes ainsi obtenues en défiant parfois les lois de la pesanteur, auquel cas elles sont collées au scotch sur les bases plus solides. Puis son équipe numérise la maquette et la soumet à un logiciel développé spécialement pour lui et à sa demande, le logiciel 3D CATIA de Dassault System, Gehry Technologies, qui étudie la faisabilité.
Les références de Frank Gehry
La référence que Frank Gehry revendique est celle de l’architecte Alvar Aalto (par exemple la Baker House, bâtiment universitaire, à Boston, construit en 1949). Il aime les courbes. L’utilisation d’un logiciel d’architecture s’est d’ailleurs imposée lors de l’édification du musée de Vitra, en Allemagne (1989) après qu’il eut imaginé un escalier serpentant le long des façades. La réalisation concrète de l’escalier ne produisait pas du tout l’effet qu’il avait essayé de décrire en dessin. Son équipe lui a proposé la solution d’une assistance informatique.
Frank Gehry, un architecte déconstructiviste

Frank Gehry réalise ainsi des architectures déconstructivistes qui, au-delà du carré, du cercle et du triangle propose des formes souples, suspendues, aériennes, et qui semblent en équilibre incertain.
Ainsi, à Bilbao, il a réalisé entre 1993 et 1997 une des œuvres qu’on peut considérer comme majeures dans l’histoire de l’architecture, le musée de la fondation Guggenheim. Il a utilisé pour ce faire du verre, de la pierre calcaire et… du titane, un matériau rarement utilisé en aussi grande quantité en architecture, parce que très cher. Mais au moment de la réalisation du musée, les cours de ce métal étaient en forte baisse. L’avantage du titane est que c’est un matériau léger et qui résiste à la corrosion. Il donne en outre au bâtiment une belle couleur au gré de l’ensoleillement et du moment de la journée.
Réalisations et récomp)enses
On trouvera de nombreux sites référençant l’oeuvre et la carrière de Frank O. Gehry. Notons cependant qu’il a reçu en 1989 le prestigieux prix Pritzker. Il a travaillé pour Disney à Marne-la-Vallée (Disney Village, anciennement Festival Disney) et Los Angeles (Concert Hall). En France, on lui doit la cinémathèque française (1994), anciennement l’American Center, la Fondation Louis Vuitton (inaugurée en 2014), ou, avec Maja Hoffmann, la Tour d’Arles (2021).

Mais parmi ses créations les plus originales, nous vous invitons à aller voir aux Etats-Unis le Weisman Art Museum (Minneapolis,1993) ou encore le Lou Ruvo Center for Brain Health (Las Vegas, 2010). Plus accessible et plus modeste est La Maison qui danse, à Prague (Tchéquie, 1996). Enfin, un projet dont F. O. Gehry parle dans le documentatire de son ami S. Pollack est le Musée de la Tolérance à Jérusalem. S’il n’a pas emporté le marché (le bâtiment a été réalisé par les architectes Bracha Chyutin, Michael Chyutin, Jacques Dahan et Ariel Noyman), la maquette de ce qu’il avait imaginé est impressionnante.
