Jeudi 15 septembre 2022

Au premier regard, ce Cyclop égaré dans Ia forêt m’a impressionnée et inquiétée : dominée par la grandeur de l’œuvre, je me sentais écrasée et infime. Etourdie par le bruit fracassant qu’elle produisait, j’étais dérangée, presque agacée. Puis, après m’être habituée à cette hauteur, à ce vacarme, je commençai à apprécier cette structure monumentale. Oui, il est vrai que le bruit était parfois désagréable, mais cela rendait encore plus poétiques les moments où seuls les sons de la forêt pouvaient être entendus. Oui, il est vrai que cette Tête était d’une taille gigantesque mais je finis par être éblouie par l’harmonie du lieu.

Niki de Saint Phalle, La tête du Cyclop, « La Face aux miroirs », 1987-1991.

Et finalement, je fus attendrie par ce titan…

Il se fondait complètement dans les bois : les fragments de miroir qui paraient La Face reflétaient à la fois ciel, terre, eau et feuilles pour la dissimuler.

Les amas monstrueux de ferrailles, d’engrenages, de roues, de bobines transformaient ce géant en être vivant et mobile. Cela en devenait presque organique.

A l’intérieur, toutes les œuvres exposées, chacune à leur place dans l’esprit du géant, montraient les liens qui unissaient ses créateurs. J’ai particulièrement aimé l’hommage de Niki de Saint Phalle à Jean Tinguely avec ce cœur en miroir imprégné de sensibilité et de pudeur.

Au final, Le Cyclop était pour moi une hymne à la joie et à la peine, à la créativité et à la liberté, à la grandeur et à la beauté.

J’étais émue par cette tête, enracinée dans la terre, qui de son œil unique et mécanique balayait consciencieusement les bois.

Et enfin, j’étais impressionnée par la volonté et la force des nombreuses personnes qui s’étaient réunies pour le réaliser et qui avaient laissé derrière elles cette création phénoménale.

J’ai cependant été contrariée par la présentation du Cyclop comme l’œuvre de Jean Tinguely, alors que toute la visite montrait à quel point elle était une création collective où tous étaient à égalité et sans hiérarchie.

Ce fut tout de même une découverte magique et fantastique, animée par une guide passionnée que je remercie de tout cœur.

Sidonie B.

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