Sortie libre du 7 décembre 2025
Dans le cadre de ma formation en Histoire des Arts au lycée Fustel de Coulanges de Massy, je me suis rendu le 7 décembre au musée Jacquemart-André pour visiter l’exposition temporaire Georges de la Tour, entre ombre et lumière. Notre professeure nous avait dit que ce peintre n’est pas souvent exposé, et qu’il y avait presque toutes les œuvres connues de lui.
D’abord, j’ai été impressionné par le lieu. En effet, le musée Jacquemart André est un ancien hôtel particulier très beau. Pour se rendre à l’exposition, on entre d’abord par un jardin, derrière le bâtiment. Puis, il faut emprunter un magnifique escalier, orné d’une fresque gigantesque.
Enfin, on arrive à l’exposition. Georges de la Tour est un peintre lorrain du XVIIe s. (1593-1652), connu pour ses clairs-obscurs. Il se serait inspiré du peintre Michelangelo Merisi, dit Le Caravage. On nous dit dans la 1ère salle de l’exposition qu’il a connu cet artiste romain, actif de 1590 à 1610, grâce à des artistes de sa région qui sont allés à Rome, comme Jean Le Clerc ou Jacques Callot.

J’ai reconnu une œuvre qu’on voit souvent au moment de Noël, Le Nouveau-Né. C’est d’ailleurs celle qui est sur l’affiche de l’exposition. Marie, de face, tient l’enfant Jésus sur ses genoux. La grand-mère, de profil, l’éclaire d’une bougie dans sa main gauche, mais sa main droite cache l’éclat de la lumière, si bien que seule la scène est éclairée. Le reste est dans l’ombre. Les couleurs sont peu nombreuses : du blanc (le bonnet de l’enfant accroche la lumière), du rouge (la robe de la mère), et une couleur sombre avec plein de nuances selon la distance et les obstacles avec la source lumineuse. Ce tableau me paraissait très simple. Mais quand je l’ai regardé en détail, j’ai été époustouflé par le réalisme que De La Tour avait réussi à donner avec les jeux d’ombres et de lumière.
On retrouve la gamme de couleurs restreinte dans plusieurs autres œuvres présentées à l’exposition. J’ai bien aimé Job raillé par sa femme. Job est très maigre, presque nu, mais le vêtement rouge de sa femme, m’a semblé occuper tout le tableau. Et les plis de sa robe, très géométriques, faisaient un contraste bizarre avec la précision du corps très maigre de son mari assis. J’ai eu l’impression aussi que l’échange de regards, le bras gauche de Job et le bras droit de la femme, qui tient une bougie, forment là aussi la scène que le peintre veut qu’on regarde.

Il y avait aussi La Femme à la puce, qui est assez connu, et La Femme pénitente, qui m’a rappelé le cours sur les vanités. On trouve en effet le crâne, qui dit « Memento mori », et le miroir, qui rappelle que la beauté et la jeunesse passent. Mais le crâne cache la lumière de la bougie, comme si les pensées de la femme qui se regarde dans le miroir étaient de l’ordre de l’intime.
J’ai moins aimé les portraits de Saints qui étaient présentés, peut-être parce que je ne les avais jamais vus. Mais aussi, ils étaient disposés dans un couloir où on se croisait et où on n’avait pas beaucoup de recul, même si les formats étaient plus petits. Deux grands tableaux de Saint Jérôme, peints à plusieurs années d’intervalle, mais dans la même posture, voulaient montrer l’évolution du syle du peintre. Mais j’avoue que ça ne m’a pas sauté aux yeux. Il y avait peut-être plus de contrastes dans celui de 1620 que dans celui de 1630-35, et plus de choses dans le décor autour du Saint.

Enfin, je ne sais pas pourquoi, le tableau du couple de paysans en train de manger m’a fait penser aux Mangeurs de pommes de terre de Van Gogh. Si un jour on nous demandait d’étudier la représentation des paysans à travers trois œuvres, je prendrais ces deux-là pour les comparer. Je donne des idées à mes professeures !
Voilà ! Pour être honnête, les pièces étaient assez petites et il y avait beaucoup de monde, ce qui gâche un peu le plaisir. Mais J’ai tout de même apprécié l’exposition parce que j’ai vu des œuvres que je connaissais seulement par des reproductions. J’ai vu aussi des œuvres du peintre qui n’étaient pas religieuses, des scènes de genre ou des portraits de gens du peuple à l’époque du peintre. Et, au XVIIe siècle, je ne suis pas sûr que beaucoup de peintres aient choisi ces sujets-là.
A.B.
